Que dit Volt sur… / 2. Une planète et sa population en bonne santé

2.1 Environment

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Des mains qui tiennent une planète vivante et fragile

2.1 Environment

Comme partout dans le monde, l'état de la biodiversité et l'environnement se dégradent généralement en France et en Europe, selon les rapports du gouvernement lui-même. La qualité de l'eau, de l'air et de notre environnement est essentielle pour notre société et notre bien-être. Volt soutient une vision pragmatique dans laquelle la nature et l'être humain peuvent coexister.  

Pour cela, Volt veut augmenter de manière significative les sanctuaires (refuge) pour la faune et l'environnement. Nous devons intensifier nos efforts pour restaurer nos cours d'eau dans leur état d'origine afin de prévenir de futures catastrophes (détournement). Nous voulons commencer à traiter les forêts comme une ressource essentielle pour atténuer les effets du changement climatique (stabilisation) et veiller à ce que nos océans et nos écosystèmes maritimes ne s'effondrent pas (survie). Enfin, nous devons veiller à ce que nos côtes restent habitables (sécurité) et faire de la préservation de nos écosystèmes une priorité (biodiversité).

 Refuge : créer des espaces protégés pour notre environnement

Avec son livre et son projet "Half-Earth", le biologiste E.O. Wilson, héritier de Charles Darwin et récemment décédé, a proposé que l'humanité laisse à la nature la moitié de la surface terrestre et marine de la planète afin de préserver un habitat suffisant pour inverser la crise de l'extinction des espèces et assurer la santé à long terme de notre planète. Une proposition radicale si l'on considère que nous ne sommes même pas capables d'approuver l'interdiction de la chasse et de la pêche sur 10 % de notre territoire dans le cadre de la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030. Nous devons être plus ambitieux tant qu'il est encore temps. 

Volt propose de : 

  • Commencer à connecter les zones Natura 2000 en France et en Europe, y compris les zones en mer. Nous voulons commencer à identifier les bandes de terre peu peuplées qui pourraient être rendues à la nature afin de connecter les habitats existants. Les zones protégées doivent atteindre 30% de notre surface nationale en 2030.

  • Intégrer les territoires d'outre-mer dans le programme européen Natura 2000 et faire en sorte que les parcs marins, comme le récif corallien autour de la Nouvelle-Calédonie (1,3 million de km²), puissent être protégés. 

  • Étendre le réseau français d'espaces naturels protégés à au moins 30% des terres et en mer. Les zones protégées couvrent actuellement 23,5% de notre territoire national. Afin d'atteindre l'objectif de la stratégie Biodiversité 2030, nous souhaitons porter le nombre de zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux du réseau Natura 2000 à 500 et le nombre de zones spéciales de conservation (ZSC) pour les habitats et espèces Natura 2000 à 1500, qui sont respectivement 403 et 1353 en 2026.

  • Créer un Conservatoire du Paysage en élargissant les missions du Conservatoire du Littoral. Il sera chargé d'acquérir des terrains à ajouter aux réserves naturelles existantes et d'élaborer des plans de renaturalisation de ces terrains.

  • Élaborer un plan de relocalisation, en concertation avec les habitants, pour les communes presque abandonnées qui sont situées dans les zones susceptibles de devenir des habitats naturels. Dans le cadre de l'exploitation des ressources (par exemple pour l'extraction de métaux), les communes peuvent être délocalisées. Nous souhaitons établir le cadre juridique et la pratique équivalente pour la création d'habitats naturels. Une telle réglementation de relocalisation et de compensation pourrait éventuellement s'appliquer également aux territoires d'outre-mer menacés par l'élévation du niveau de la mer.

  • Développer une nouvelle planification à long terme et le cadre législatif pour les réserves naturelles et la manière dont nous, les êtres humains, interagissons avec elles. Les objectifs actuels incluent souvent l'utilisation responsable et l'intégration des habitats à côté de la gouvernance et de la protection. Cependant, dédier 50 % de nos terres et de nos mers à la nature implique que nous n'utilisons pas et n'exploitons plus ces habitats. Leurs ressources doivent être interdites à toute forme d'exploitation et nous devons élaborer le cadre législatif nécessaire pour garantir et faire respecter ces prémisses. À l'instar des grands parcs nationaux des pays africains, nous envisageons la possibilité de visiter ces écosystèmes et d'étudier des mesures visant à améliorer continuellement leur état. Cependant, nous prévoyons également la nécessité de protéger ces habitats de l'exploitation illégale à des fins économiques.

Détournement : empêcher les rivières d'accélérer les catastrophes

Les récentes inondations en France et en Europe ont montré comment les pluies torrentielles, qui deviennent plus probables avec le changement climatique, combinées avec l'artificialisation et la modification des cours d'eau, peuvent entraîner des catastrophes. Nous ne pouvons pas arrêter le changement climatique rapidement, mais nous pouvons commencer à en atténuer les effets en adoptant une approche différente en ce qui concerne nos rivières, nos berges et nos zones humides. Cependant, le droit de la gestion des cours d'eau en France fait l'objet depuis plusieurs siècles d'une relation complexe entre l'État (anciennement royal), les collectivités locales et la propriété privée. Les objectifs historiques sont le partage des ressources en eau et des ressources halieutiques associées, la réduction du risque d'inondation (et de sécheresse), l'exploitation de l'énergie hydraulique (moteurs hydrauliques, moulins, etc.), le transport fluvial, l'extraction de matériaux, de sables et de graviers. 

Volt propose de :

  • Supprimer les obstacles aux cours d'eau (barrages, déversoirs, traversées, levées) qui ne servent plus à rien. Les barrières fragmentent nos rivières et ont un impact sur l'écoulement en amont et en aval ainsi que sur la connexion avec les plaines d'inondation. Ils détournent et bloquent le mouvement naturel de l'eau, des poissons, des sédiments et des nutriments dans la rivière. L'élimination des obstacles qui ne sont plus utilisés permettra d'améliorer la circulation de l'eau, des sédiments et de la vie animale et végétale.

  • Veiller à ce que les projets hydroélectriques ne détruisent pas les écosystèmes sensibles. A l'heure où la résilience des écosystèmes doit être améliorée, les micro (<500kW) et pico centrales (<20kW) augmentent la pression sur des environnements souvent déjà fragiles qui tentent de s'adapter au changement climatique. Il faut s'assurer que ces projets sont également viables au regard du changement climatique (sécheresses, baisse du débit annuel ou des précipitations) et éviter de mettre en œuvre des projets aux bénéfices discutables et au coût factuel pour les écosystèmes. C'est pourquoi nous souhaitons également établir des critères et un label pour l'énergie hydroélectrique durable ou étendre le label suisse “Naturemade Star” à la France.

  • Assurer le suivi du plan visant à autoriser à nouveau la migration en aval des saumons en adaptant les centrales hydroélectriques sur les rivières principales et leurs principaux affluents, y compris les rivières prioritaires du plan directeur pour les poissons migrateurs. Nous devons assurer la migration des poissons afin de maintenir des populations de poissons à long terme et évaluer les mesures de construction ou d'exploitation disponibles pour réduire la mortalité des poissons.

  • Créer une institution d'entretien du cours d'eau pour les propriétaires privés et instaurer des obligations d'entretien du cours d'eau, soit en faisant appel aux services de l'institution, soit de sa propre initiative. Cela implique l'élimination des embâcles, l'abattage des arbres menaçant les berges et le rajeunissement de la zone riveraine, conformément à la réglementation. Nous voulons mettre à disposition le savoir-faire et les prestataires de services nécessaires pour assurer le maintien de nos rivières dans un état durable.

  • Exiger des associations exploitant les canaux, comme le Canal Seine Nord Europe (CSNE), qu'elles financent l'entretien des berges des canaux. L'utilisation des canaux par de grands navires entraînera un stress important pour les rives des canaux et les opérateurs ne devraient pas pouvoir répercuter ces coûts d'entretien sur le public. L'exploitation des canaux devrait donc inclure l'entretien de ses rivages, une responsabilité de conservation de l'eau utilisée pour le canal et les charges de reconversion des canaux désaffectés en sanctuaires écologiques (comme le Canal Nord dans la région Hauts-de-France, qui deviendra la plus longue friche industrielle d'Europe une fois le CSNE entré en service).

Stabilisation : utiliser les forêts pour compenser nos émissions de CO2

L'industrie forestière et du bois emploie près de 500 000 personnes et génère plus de 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Mais le changement climatique, l'importance croissante de l'industrie mondiale du bois, le développement de la filière bois-énergie, l'émergence du marché du carbone et un marché financier à la recherche de valeurs font que les forêts et les forestiers sont soumis à une pression accrue de tous côtés. Les coupes à blanc, l'utilisation de produits chimiques et la destruction d'une multitude d'espèces animales et végétales ainsi que les monocultures, l'exploitation mécanisée, les rachats par de grands acteurs financiers et la perte d'emplois et de savoir-faire signifient que notre industrie forestière est confrontée à d'énormes défis pour l'avenir. Si nous ne voulons pas que nos forêts soient considérées comme une simple ressource d'exploitation, mais comme un facteur d'atténuation des effets du changement climatique, nous devons agir. 

Volt suit de nombreuses suggestions basées sur les principes de Pro Silva et propose de :

  • Mettre en œuvre une stratégie à long terme pour le développement forestier en France afin de compenser les émissions de CO2 causées par la destruction des forêts pour les produits du bois et la production de biomasse. 29% du territoire français est actuellement couvert de forêts, contre 8% en 1830. Nous souhaitons fixer un objectif national pour porter cette couverture à au moins 35% d'ici 2050.

  • Introduire un système de crédit carbone garantissant des paiements pour la capture du CO2, similaire à celui mis en place au Royaume-Uni. Il permettra aux propriétaires forestiers de calculer un prix par tonnes de CO2 et de fixer ce prix pour assurer un revenu stable à long terme. Nous voulons tester une approche similaire pour la régénération naturelle des forêts à grande échelle dans l'agriculture et l'industrie forestière avec des paiements conditionnés par le type de forêt (uniforme ou naturel), la biodiversité et l'entretien actif. 

  • Encourager et récompenser le secteur forestier pour qu'il contribue au développement durable des forêts et de la biodiversité. Les mesures doivent s'adresser aux industries de la gestion forestière, de l'exploitation forestière, du sciage, des produits du bois, du liège, de la pâte à papier et du papier et faire l'objet d'audits quantifiables par des tiers. L'accent devrait être mis sur l'encouragement des modèles de végétation forestière naturelle et le maintien de la productivité du sol par une couverture continue et le maintien de la biomasse (y compris le bois mort).

  • Créer un espace d'échange entre professionnels du tourisme et professionnels de la forêt, en impliquant l'Organisation mondiale du tourisme et le réseau français du patrimoine naturel et culturel. L'objectif est de promouvoir l'entretien durable des forêts en combinaison avec les avantages socio-économiques et les opportunités de croissance dans les zones rurales liées au tourisme et aux formes de loisirs réfléchis (contemplatifs). Il peut s'agir de zones de tranquillité dans les forêts, de la promotion d'arbres, de bosquets et d'autres éléments esthétiques attrayants, de l'entretien et de la création de forêts attrayantes par des structures variées, de l'établissement de zones de non-intervention et de l'entretien de prairies forestières, de vallées, de points d'eau et de vues.

  • Empêcher l'exploitation forestière et la vente d'arbres à des marchés d'exportation non européens. Nous souhaitons introduire une législation qui garantisse que nos forêts ne soient pas exploitées pour des intérêts commerciaux et financiers en dehors de l'Union européenne. 

  • Propager des forêts mixtes en mettant l'accent sur les espèces rares et menacées et en imposant des limites strictes aux bois exotiques qui doivent être mélangés à la végétation indigène et des limites strictes ainsi qu'une protection physique comprenant la prévention de l'érosion et la conservation des réserves d'eau. Nous voulons également rétablir les densités de population des espèces sauvages à des niveaux qui sont en équilibre avec la capacité de charge de la forêt.

  • Faire de la multiculture une norme forestière afin de favoriser la vie animale et végétale en ne plantant plus une unique espèce d’arbre par forêt.

  • Encourager les pratiques d'abattage durable au niveau de la forêt, y compris le maintien du matériel de production à des niveaux optimaux, l'augmentation de la stabilité de la forêt par le regroupement des arbres et le renouvellement continu et spontané de la forêt ainsi qu'au niveau des arbres individuels. Y compris egalement l'abolition de la coupe à blanc et de l'âge de rotation comme facteur déterminant pour l'abattage d'un arbre et la promotion de méthodes de récolte et de machines appropriées qui ne nuisent pas au sol ou au pied des arbres.

Sécurité : veiller à ce que nos côtes restent habitables à l'avenir

Le changement climatique expose nos régions côtières à trois types d'impacts : les inondations, l'érosion et la perte d'écosystèmes naturels et de zones humides. Si la France a élaboré un Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) et l'a mis à jour en 2018, il ne comporte aucune mesure concrète pour protéger nos côtes. Par rapport à d'autres pays de l'UE, la France ne dispose ni des programmes d'aménagement de l'espace marin (seuls quatre schémas de mise en valeur de la mer ont été approuvés après des décennies de planification) ni de stratégie solide pour protéger nos côtes contre le changement climatique. En Belgique, les régions sont seules responsables de la protection des côtes contre les tempêtes ayant une période de retour de 150 ans et une élévation du niveau de la mer de 60 cm. Le pays investit 20 M€ par an pour protéger ses 98 km de côtes alors que la France dépense 27 M€ sur les 3 427 km entourant l'hexagone sans même considérer les effets du changement climatique sur nos territoires d'outre-mer. 

Volt propose de :

  • Rendre les régions responsables de la protection des côtes afin de les protéger des tempêtes d'une période de 150 ans et à une élévation du niveau de la mer d'au moins 60 cm et jusqu'à 1 m jusqu'en 2100. Fournir les moyens financiers au niveau national et européen (y compris les fonds Barnier) pour que les régions puissent assurer cette nouvelle responsabilité.

  • Modifier les polices d'assurance pour exiger une assurance contre les catastrophes d'origine humaine sur les littoraux - y compris le changement climatique. Une fois que la couverture sera obligatoire, les assureurs minimiseront les risques et obligeront à mettre en place des mesures de protection, ce qui permettra également de réduire les paiements d'assurance déjà insoutenables de 50 milliards d'euros par an pour les dommages environnementaux dans les zones côtières.

Biodiversité : limiter la 6ème extinction

L'Union européenne a adopté une stratégie de préservation de la biodiversité dont les objectifs sont de protéger 50 % des espèces et 100 % des habitats, de maintenir et de restaurer les écosystèmes (restauration d'au moins 15 % des écosystèmes dégradés), de mettre en place une agriculture durable contrôlée, d'améliorer la pêche sans impact négatif sur les écosystèmes et la santé des zones aquatiques, d'identifier les espèces envahissantes, de les classer par ordre de priorité et de les éradiquer, et d'augmenter la biodiversité dans son ensemble. Au niveau national, le plan stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique ainsi que les objectifs d'Aïchi prévoient la création d'un réseau d'aires protégées représentant au moins 17% de la surface terrestre et 10% de la surface marine. Des objectifs ambitieux au regard de nos avancées, d'une artificialisation continue et d'écosystèmes de plus en plus proches de l'effondrement. Qu'il s'agisse des insectes qui disparaissent ou des océans vides, nous ne pouvons nier que nous poussons de nombreuses espèces vers l'extinction - la 6ème selon les scientifiques (la 5ème ayant tué tous les dinosaures). Elles constituent toutes un écosystème dont nous dépendons, nous devons donc agir avant d'éradiquer notre base de vie. 

Volt propose de : 

  • Appliquer la stratégie zéro artificialisation nette (ZAN) sans exception. Tout le monde est concerné et il ne faut pas que des exceptions soient données comme pour toutes les constructions liées au Canal Seine Nord Europe. Notre gouvernement tiendra les administrations pour responsables et exigera la re-naturalisation des terrains au cas où l'objectif de zéro artificialisation nette n'est pas atteint.

  • Adopter une loi qui reconnaît le crime d'écocide dans le cadre des neuf limites planétaires, et qui intègre le devoir de vigilance et le délit d'imprudence, dont la mise en œuvre sera garantie par une Haute Autorité des limites planétaires.

  • Améliorer la connaissance des stocks et des mouvements de poissons pour mieux définir les quotas et éliminer la surpêche des espèces. Nous voulons également poursuivre les efforts visant à limiter la pêche dans les zones fragiles et pour les espèces vulnérables et menacées, et renforcer les contrôles de l'interdiction de la pêche en eaux profondes, jouant ainsi notre rôle dans la mise en œuvre et le respect de la législation européenne. 

  • Créer un centre national de surveillance de la biodiversité qui évalue la situation de la biodiversité dans toutes les régions et définit des objectifs pour la biodiversité locale par le biais de groupes de travail régionaux sur la biodiversité qui rassemblent des représentants de l'agriculture, de la sylviculture, de la chasse et des autorités environnementales, ainsi que par la consultation des citoyennes et citoyens, ainsi que des associations environnementales.

Les 5+1 défis

Pourquoi 5+1 défis?

Les 5 défis sont essentiellement les mêmes défis pour chaque pays, mais leur mise en oeuvre peut etre adaptée au niveau national pour prendre en compte les réalités locales.

Le défi +1 – notre proposition pour réformer et renforcer l'Union Européenne – est le même dans tous les programmes nationaux.

Voir toutes nos politiques
  • 01

    Etat intelligent

  • 02

    Renaissance économique

  • 03

    Egalité sociale

  • 04

    Equilibre global

  • 05

    Renforcement du pouvoir des citoyens

  • +1

    Réforme de l'union Européenne