Que dit Volt sur… / 1. L’Europe comme phare de la démocratie

1.5 Migrations

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Un mur avec un graffiti disant « personne n'est illégal ».

Les migrations ne sont pas une nouveauté du 21e siècle, mais un phénomène qui accompagne l'humanité depuis toujours. L'immigration est un atout pour les sociétés modernes : elle répond au faible taux de natalité comme au besoin de main-d'œuvre, qualifiée ou non. Elle est aussi la conséquence des crises environnementales et humanitaires qui traversent le monde. Malgré tout, elle crispe et elle polarise.

L'Europe et la France doivent donc repenser leurs politiques migratoires face à une population de plus en plus attirée par des partis nationalistes qui remportent la bataille des récits et n'ont guère de limites lorsqu'il s'agit d'user de la peur ou de la colère. L'immigration est l'un des sujets les plus couverts médiatiquement, le plus souvent sous un angle sécuritaire où la liberté individuelle et l'État de droit passent au second plan. Pire encore, des acteurs géopolitiques comme la Russie et son allié Biélorusse, le Maroc ou la Turquie exploitent l'incapacité de nos institutions à agir avec raison et prévoyance, et instrumentalisent la question migratoire pour obtenir des concessions.

Les forces modérées et progressistes peinent à faire entendre les avantages d'une immigration pragmatique, et plus encore ceux d'une immigration humaniste. Entre apathie et bellicisme électoral, les lois sur l'immigration se succèdent sans jamais réguler efficacement le processus migratoire, encore moins garantir une intégration réussie. La surenchère verbale affaiblit notre cohésion sociale, érode nos systèmes de protection et pèse sur notre économie.

Le constat est pourtant simple. Le système de Dublin a montré ses failles dès 2015, quand Rome, Athènes et Zagreb se sont retrouvées débordées et abandonnées par une Union paralysée. Les procédures de séjour restent si longues et si complexes qu'elles font basculer dans l'illégalité des personnes qui avaient vocation à rester sur le sol européen. Les obligations de quitter le territoire sont devenues l'indicateur de succès de nos politiques alors qu'elles ne sont presque jamais exécutées. La moitié des personnes éligibles à l'aide médicale d'État n'y recourt pas, ce qui en fait un dispositif qui échoue à remplir sa mission de santé publique. Et Frontex, avec un budget et des effectifs sans commune mesure avec ceux de l'agence américaine équivalente, ne peut pas tenir le rôle qu'on lui prête.

Face à cela, l'intégration doit devenir le fer de lance de la politique migratoire et non son angle mort. L'attachement aux valeurs de la République et la connaissance de la langue sont les éléments constitutifs d'un parcours réussi, mais la complexité des conditions et les changements législatifs incessants transforment ce parcours en course d'obstacles. Notre projet s’oppose frontalement à ceux qui divisent la société entre Français de sang, de culture et de papier.

Volt structure donc sa politique migratoire autour de six axes : un régime d'asile véritablement européen, une politique d'attractivité pour les migrations économiques et étudiantes, la fin de la fabrique à clandestins, une gestion fédérale et humaine des frontières, une intégration réellement soutenue, et une politique étrangère cohérente avec tout ce qui précède. 

Voici nos propositions :

  • Créer une procédure d'asile uniforme en Europe, adossée à une liste européenne unique et contraignante des pays sûrs, permettre le dépôt d'une demande depuis l'étranger et accélérer le traitement des situations de menace avérée.

  • Fixer des délais opposables : six semaines pour la première décision d'asile, trois mois pour l'instruction d'un titre de séjour, et l'ouverture du droit au travail douze semaines après la demande d'asile. Renforcer les effectifs en conséquence.

  • Maintenir des procédures non dématérialisées en préfecture, inscrire le droit à un accès omnicanal dans le code de l'entrée et du séjour des étrangers, et créer un guichet unique pour les femmes étrangères isolées et sans domicile.

  • Porter le visa long séjour salarié de un à trois ans pour les titulaires d'un CDI, et la carte de séjour pluriannuelle de quatre à cinq ans qui doit devenir le titre de séjour de référence.

  • Pérenniser le titre « métiers en tension », porter sa durée à trois ans et supprimer le pouvoir discrétionnaire des préfectures. Dissocier le titre de séjour de la décision de l'employeur, pour que perdre son emploi ne fasse plus perdre son droit au séjour.

  • Généraliser le pool de talents européen, faciliter les visas d'études et la délivrance d'un titre de séjour aux diplômé.e.s en France disposant d'un contrat de travail.

  • Cesser de délivrer des obligations de quitter le territoire pour simple refus ou non-renouvellement de titre, imposer un examen individuel, et recentrer ces mesures sur les personnes réellement éloignables et menaçant l'ordre public, en redéployant les moyens vers le départ volontaire accompagné.

  • Engager un plan de régularisation sur critères clairs : contrat de travail, parents d'enfant scolarisé, étudiant.e, ou deux ans de résidence. Réexaminer les dossiers des ancien.ne.s titulaires d'un titre justifiant d'attaches en France.

  • Fusionner l'aide médicale d'État et la protection universelle maladie, pour une couverture unique de tous les résident.es.

  • Transformer Frontex en agence fédérale de protection des frontières, dotée de moyens à l'échelle du continent.

  • Rétablir le niveau B1 pour la naturalisation, au lieu du B2 exigé depuis 2026, et fusionner les deux contrats d'intégration pour en faire l'aboutissement du parcours et non une condition d'accès à la nationalité.

  • Créer un fonds d'intégration locale et expérimenter des centres locaux inclusifs réunissant santé, requalification, activités culturelles et cours de français accessibles au-delà de six mois selon le niveau et non selon l'âge, ouverts aux habitant.e.s comme aux nouveaux arrivants.

  • Ouvrir l'acquisition de la nationalité à la majorité à toute personne née en France justifiant de cinq années de résidence depuis sa naissance, et accorder le droit de vote aux élections locales aux titulaires d'un titre de séjour permanent.

  • Négocier un traité migratoire entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, permettant de traiter les demandes d'asile depuis les côtes françaises.

  • Refuser toute nouvelle restriction du droit du sol à Mayotte, renforcer la surveillance maritime dans le respect des droits humains, et porter le contentieux avec les Comores à l'échelle européenne.

  • Refuser tout accord d'externalisation de la gestion des migrations et découpler les accords migratoires des autres partenariats.

  • Regrouper l'aide au développement dans une agence européenne, et porter un « consensus de Strasbourg » : renégociation de la dette des pays les moins avancés, suspension automatique des remboursements en cas de catastrophe majeure, ouverture de la gouvernance internationale à la société civile.

Les 5+1 défis

Pourquoi 5+1 défis?

Les 5 défis sont essentiellement les mêmes défis pour chaque pays, mais leur mise en oeuvre peut etre adaptée au niveau national pour prendre en compte les réalités locales.

Le défi +1 – notre proposition pour réformer et renforcer l'Union Européenne – est le même dans tous les programmes nationaux.

Voir toutes nos politiques
  • 01

    Etat intelligent

  • 02

    Renaissance économique

  • 03

    Egalité sociale

  • 04

    Equilibre global

  • 05

    Renforcement du pouvoir des citoyens

  • +1

    Réforme de l'union Européenne