1.3 Politique extérieure
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Dans un monde où les pays européens perdent du poids et où des pays émergents montent en puissance, une politique extérieure commune, efficace et unie est la condition pour promouvoir le modèle de société démocratique, écologique et inclusif auquel nous aspirons et pour défendre les intérêts de tous les Européen.ne.s. C'est aussi la condition pour peser de manière réelle et autonome sur le devenir du monde.
L'Europe n'est pas reconnue comme entité souveraine sur la scène internationale, même si son autorité est bien établie dans certains domaines comme le commerce. Nous voulons que la politique étrangère figure parmi les compétences de l'Union de demain. Cela suppose un transfert accru de capacités à l'Union et une coordination renouvelée entre les niveaux national et européen. Mais la France conserve une tradition propre et consacre des moyens importants à sa diplomatie, à sa défense, à l'aide au développement et à son influence culturelle. Nous appelons donc de nos vœux une politique extérieure essentiellement élaborée au niveau européen, tout en reconnaissant les spécificités françaises, son histoire, ses territoires, ses institutions, et la nécessité de composer avec elles à moyen terme.
Cette articulation fédéraliste suppose d'abord de regarder en face l'héritage colonial. Pour de nombreux pays, en particulier africains, les indépendances ont été suivies d'une domination économique et politique indirecte. Cette période néocoloniale semble en partie révolue, et le travail de recherche et de reconnaissance historique engagé doit être poursuivi et bien plus largement diffusé. L'image et la crédibilité de la France en sortent durablement dégradées, et c'est précisément pourquoi la reconstruction doit se faire autour d'un socle de valeurs européennes plutôt que dans la continuité d'un récit national.
Ce recul d’influence est aussi budgétaire. L'aide publique au développement française est tombée à 0,42 % du revenu national brut en 2025, en recul de 11 % sur un an, très loin de l'objectif de 0,7 % fixé en 1970, inscrit dans la loi de programmation de 2021 et réaffirmé lors de la conférence des Nations unies sur le financement en 2025. Sur la défense, le budget cumulé des pays de l'Union dépasse de loin celui de la Russie, et nous restons pourtant entièrement dépendants des États-Unis pour notre sécurité. Sur le climat, la France a signé des engagements financiers qu'elle ne tient pas. Dans les trois cas, l'écart entre les discours et les moyens est ce qui détruit notre crédibilité.
Volt propose donc de réorienter la politique étrangère et de défense de la France autour de quatre axes : une diplomatie universaliste de promotion des droits humains, l'accélération de l'intégration des forces armées européennes, la mobilisation du réseau français d'influence au service du lien entre l'Europe et le monde, et un nouveau paradigme dans nos relations avec les pays du Sud, en matière de développement comme de diplomatie écologique.
Volt propose de :
Diplomatie universaliste de promotion des droits humains
Céder le siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies à l'Union européenne, à la condition qu’un système décisionnel efficace soit mis en place au niveau européen et soutenir l'abolition du droit de veto au profit d'une majorité qualifiée pour les résolutions autorisant une intervention militaire.
Adopter une politique étrangère féministe, donnant la priorité à la paix, à l'égalité entre les sexes et à la justice climatique dans tous les champs de l'action extérieure, et la porter aux échelles européenne et internationale.
Soutenir le Traité sur le commerce des armes et l'ensemble des traités de non-prolifération et de désarmement, et conditionner les exportations et transferts d'armes vers les zones de conflit à un avis préalable des commissions parlementaires, en dotant le Parlement européen d'un véritable pouvoir de contrôle.
Accélération de l'intégration des forces armées européennes
Poser les jalons de forces armées européennes sous l'égide d'un ministère européen de la défense, en commençant par une centrale d'achats communs, puis une direction générale de l'armement européenne, et par la mutualisation d'escadrons de transport aérien.
Maintenir l'arsenal nucléaire français et préparer son européanisation : accords de survol et de stationnement avec nos voisins, révision de la doctrine pour affirmer que les intérêts vitaux de l'Union sont ceux de la France, puis rattachement de la dissuasion à la clause de défense mutuelle de l'article 42.7 du traité sur l'Union européenne.
Créer une unité militaire européenne de secours en cas de catastrophe, sur le modèle espagnol et allemand, chargée de la coopération avec les civils et de la sensibilisation de la population.
Ramener de 72 à 24 heures le délai d'information du Parlement après le début d'une intervention extérieure, et lui garantir l'accès à toutes les informations nécessaires à son contrôle.
Étendre le rôle du Collège européen de sécurité et de défense, former les officiers français à parts égales en français et en anglais, et intégrer à leur cursus un échange dans une autre armée européenne.
Mobilisation du réseau français d'influence au service du lien entre l'Europe et le monde
Rapprocher les instituts français des instituts Goethe, Cervantes et Liszt par des projets communs, le partage d'infrastructures et l'ouverture des postes de direction à des Européen.ne.s non français, jusqu'à une fusion selon les situations locales.
Construire un Erasmus de la Francophonie, ouvrir les classes préparatoires à de nouveaux pays africains, et soutenir l'enseignement du français dans les systèmes scolaires locaux au-delà du seul réseau de l'AEFE.
Revenir sur la hausse des frais de scolarité imposée en 2018 aux étudiants hors Union européenne, qui a nui à l'attractivité de notre système académique.
Rendre obligatoire, au moins une fois dans la carrière des salarié.e.s du Quai d'Orsay, une mobilité dans un ministère ou une représentation d'un autre État membre, au Service européen d'action extérieure ou dans une délégation de l'Union.
Mutualiser les missions entre ambassades européennes, à commencer par des services consulaires regroupés, et rechercher des bâtiments communs.
Simplifier les démarches des Français de l'étranger en s'inspirant des pratiques estoniennes et néerlandaises, faciliter leur accès au vote et attribuer un numéro de sécurité sociale aux nationaux nés hors de France.
Un nouveau paradigme dans nos relations avec les pays du Sud
Associer les élu.e.s des outre-mer aux dossiers diplomatiques concernant leur voisinage régional.
Promouvoir un « consensus de Strasbourg » fondé sur la renégociation de la dette des pays les moins avancés, la suspension automatique des remboursements en cas de catastrophe majeure, la refonte de la gouvernance de la Banque mondiale et du FMI, et des conditionnalités négociées portant sur la corruption, les droits des minorités et les droits des femmes.
Regrouper l'aide au développement européenne dans une agence européenne du développement, par transfert de compétence ou par coopération renforcée.