Le Groenland, son peuple et la souveraineté européenne ne sont pas à vendre
Volt Europa exhorte l'Europe à défendre sa souveraineté, sa démocratie et les droits de son peuple.
Volt Europa exprime sa profonde inquiétude face aux déclarations répétées du président Donald Trump concernant le Groenland, dont la plus récente a été faite lors du Forum économique mondial de Davos. En présentant une fois de plus l'avenir du Groenland comme une question de négociation ou d'acquisition, au nom de la sécurité des États-Unis, le président Trump normalise l'idée que la souveraineté d'un territoire démocratique peut être traitée comme une monnaie d'échange entre les puissances. Une telle rhétorique, qu'elle soit présentée comme diplomatique plutôt que militaire, est inacceptable. Le Groenland n'est pas à vendre, et son avenir ne peut être décidé que par le peuple groenlandais et le Royaume du Danemark, dans le plein respect du droit international et de l'autodétermination démocratique.
Un peuple n'est pas un produit ou un actif que l'on peut échanger ou acheter
Le président Trump se présente souvent comme un homme d'affaires. Mais les États ne sont pas des entreprises, les territoires ne sont pas des produits et un peuple n'est pas un actif que l'on peut acheter ou échanger. Le Groenland est une société, avec sa propre culture, ses institutions démocratiques et ses aspirations, et non une transaction immobilière. Le traiter comme tel est un affront à son peuple et aux principes sur lesquels repose l'ordre international.
Les tentatives visant à justifier l'annexion au nom de la « sécurité des États-Unis » ou de l'accès à des matières premières essentielles ne résistent pas à un examen approfondi. Les États-Unis maintiennent déjà une présence militaire au Groenland, et le Danemark a toujours démontré sa fiabilité en tant qu'allié de l'OTAN, payant un prix disproportionné en vies humaines en Afghanistan et en Irak, et se tenant aux côtés des États-Unis depuis des décennies. De plus, le Groenland est ouvert à la coopération économique et au commerce internationaux. L'accès aux ressources ne nécessite pas de coercition. Ce qui est en jeu ici, ce n'est pas la sécurité, mais la souveraineté.
L'apaisement n'est pas une stratégie
Pour l'Europe, ce moment est un test de crédibilité. Se faire concurrence pour être le plus accommodant possible envers Trump sape l'acte de souveraineté, comme l'a si clairement déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney. Nous ne pouvons pas continuer à parler d'avantages mutuels lorsque l'intégration économique devient un mécanisme de dépendance. Ce à quoi nous assistons n'est pas un ajustement progressif, mais une rupture claire de l'alliance occidentale. Le commerce, les droits de douane, les systèmes financiers et les chaînes d'approvisionnement sont utilisés comme des outils de pression et de contrôle. Dans ce contexte, les pays européens doivent prendre conscience de cette nouvelle réalité et s'unir. S'ils ne le font pas, la souveraineté européenne ne sera rien d'autre qu'une illusion.
L'Europe doit être claire, unie et préparée.
Défendre la souveraineté et la démocratie n'est pas facultatif. L'histoire montre que céder aux menaces et au chantage ne mène jamais à rien de bon. L'apaisement ne fait qu'encourager davantage de pression. C'est pourquoi il convient de fixer des limites fermes. La diplomatie seule ne suffit pas. Les hauts diplomates européens ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à activer le « grand bazooka », en imposant des droits de douane sur 93 milliards d'euros de marchandises américaines, si les États-Unis passaient de la rhétorique à l'action en imposant des droits de douane de 10 % aux huit pays qui ont déployé des troupes au Groenland. La force de l'Europe réside dans son marché, son poids économique et sa puissance financière. Le coût de toute tentative d'annexion du Groenland doit clairement l'emporter sur les avantages perçus.
L'économie et la sécurité nationale sont plus liées que jamais
Cela exige également que l'Europe réduise enfin ses dépendances stratégiques. Tant que l'Europe restera dépendante des États-Unis en matière de défense, de technologie et d'infrastructures numériques, elle aura du mal à agir de manière autonome et crédible. L'autonomie stratégique n'est pas anti-américaine, c'est une responsabilité pro-européenne.
Une Europe plus forte renforce les alliances
Volt Europa soutient fermement les peuples du Groenland et du Danemark. Le Groenland est peut-être ouvert à la coopération, mais ce n'est pas un produit, et son peuple n'est pas à vendre. L'Europe doit être claire, unie et préparée, car la souveraineté et la démocratie ne sont crédibles que si elles sont défendues de manière cohérente.
Il ne s'agit pas seulement du Groenland. Il s'agit du type d'Europe que nous choisissons d'être. Une Europe qui détourne le regard lorsqu'elle est sous pression sera soumise à des pressions encore et encore. Une Europe qui s'exprime clairement et agit de concert façonne son propre avenir. Du Groenland à l'Ukraine, le principe est le même : les frontières ne sont pas négociables, les personnes ne sont pas des monnaies d'échange et le pouvoir doit être limité par la loi.
Volt Europa existe pour pousser l'Europe vers ce choix d'un avenir uni. Nous devons maintenant avoir le courage d'agir, avant que cette hésitation ne se transforme à nouveau en dépendance. Car une Europe plus forte et unie est capable de résister aux bouleversements et aux ruptures mondiaux d'aujourd'hui et de demain.
Par Mels Klabbers, Co-President de Volt Europa