L'Europe au pied du mur
Face à Trump, l’Espagne choisit le droit et met l’Europe au pied du mur de l’Union.
Sánchez dit NON à la guerre en Iran en refusant l’usage des bases de Rota et de Morón, dans les régions de Cadix et Séville en Andalousie pour des opérations offensives contre l’Iran, alors que la guerre en est déjà à son sixième jour. Trump exige l’alignement, mais Sánchez tient bon : menacer l’un d’entre nous, c’est menacer toute l'Union européenne.(1)(2)
En réaction, Donald Trump menace de « couper tout commerce avec l’Espagne » et qualifie Madrid d’« allié terrible », agitant la perspective de sanctions économiques massives contre un État membre de l’Union européenne. En visant ainsi un pays européen pour le punir d’un choix souverain conforme au droit, il cherche à fissurer le marché unique, à tester la solidarité européenne et à affaiblir politiquement l’Union.(3)(4)
La Maison‑Blanche a laissé entendre que l’Espagne aurait finalement autorisé l’usage de ses bases, avant d’être démentie publiquement. Devant la presse, Pedro Sánchez a réaffirmé une position claire – « non à la guerre » – et confirmé que Rota et Morón « ne sont pas utilisées et ne seront pas utilisées » pour cette offensive. La ministre de la Défense Margarita Robles a rappelé qu’« aucune aide, absolument aucune » n’avait été apportée et que les installations ne pourraient servir qu’à des opérations conformes à la Charte des Nations unies.(5)(6)
Cette fermeté contraste avec l’attitude d’une partie des autres capitales européennes. La France, l’Allemagne et le Royaume‑Uni évoquent la possibilité d’actions qualifiées de « défensives » en coordination avec Washington, sans remettre frontalement en cause l’escalade militaire. D’autres gouvernements se rangent politiquement derrière les États‑Unis, tandis que quelques pays – souvent plus petits ou traditionnellement neutres – insistent sur la désescalade et le respect strict du droit international.(7)(8)
L’Europe apparaît ainsi divisée : d’un côté, ceux qui laissent la porte entrouverte à un soutien militaire ; de l’autre, l’Espagne, qui trace une ligne rouge nette et interdit tout usage offensif de ses bases, au point que les avions américains ont quitté ces installations. En s’attaquant commercialement à Madrid, Trump met à l’épreuve la capacité de l’Union à protéger un de ses membres et, au‑delà, la crédibilité même du projet européen.(9)(10)
Volt France défend une autre voie.
La décision espagnole montre qu’il est possible de refuser une guerre jugée illégale, d’assumer ce choix face aux pressions extérieures et de le faire au nom des valeurs européennes. À l’inverse, la dépendance à des alliances asymétriques et la tentation de suivre l’escalade militaire affaiblissent notre souveraineté collective.
Pour nous, la réponse doit être une Europe plus intégrée, plus démocratique et plus forte. Volt France plaide pour une Union fédérale dotée d’une véritable politique étrangère et de défense communes, capable de parler d’une seule voix, de défendre le droit international et de protéger chaque État membre contre les tentatives de chantage et de déstabilisation.(11)
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les positions officielles de Volt.
Par Christophe Michel : expert dans la réglementation des dispositifs médicaux, l'accès au marché et les technologies de médecine personnalisée.
Références