Venezuela : l'impossible dilemme
On ne peut pas avoir à choisir entre célébrer la chute d'un dictateur comme Maduro et la rupture de l'ordre international.
Et pourtant, c'est le dilemme impossible auquel nous confrontent les États-Unis avec leur intervention au Venezuela.
De Sánchez en Espagne, qui a signé avec certains gouvernements sud-américains un communiqué d'avertissement à l'intention des États-Unis, à Meloni, qui a déclaré l'intervention légitime, les réactions européennes ont été très variées, jusqu'à une déclaration de Von der Leyen exceptionnellement dénuée de sens politique. Ironiquement, cette situation a fourni un exemple de la manière dont la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine exploite les divisions internes de l'UE pour l'affaiblir, objectif d'ailleurs explicitement déclaré.
Mais on peut choisir de ne pas rester immobile face à ces événements.
Ainsi, même face à l'ineptie de la Commission, les États membres pourraient lancer une constituante européenne, une UE 2.0 dont les représentants seraient démocratiquement et directement élus par les citoyens ; ils pourraient également s'activer pour créer de nouvelles alliances supranationales afin de faire pression et d'appeler les dirigeants autoritaires comme Trump à répondre de leurs actes, en abandonnant si possible leur air de supériorité morale et leur double standard qui nous ont aliéné le Sud global.
Ou encore, sans aller aussi loin, demain même, les États membres de l'UE pourraient enfin décider d'activer les articles 42 et 46 des traités, jetant ainsi les bases d'une défense commune supervisée par le Parlement. Ils pourraient également activer l'article 311 et jeter les bases d'un système fiscal commun en créant leurs propres ressources économiques, avec le double avantage d'arrêter l'hémorragie fiscale causée par les grandes multinationales qui échappent à l'impôt et de soutenir les citoyens fatigués de devoir choisir entre financer les guerres et joindre les deux bouts.
Face à une menace concrète telle qu'une attaque militaire, ceux qui ne changent pas sont perdus. L'UE a encore une dernière chance de reconstruire l'avenir.
Traduction d'après notre site volteuropa.org
Article de Francesca Romana D’Antuono, coprésidente de Volt Europa