Le plan Clim du RN : refroidir les Français, réchauffer le climat ?

Le 23 juin dernier, alors que la France connaissait l'un des épisodes de chaleur les plus intenses de son histoire récente, le Rassemblement national a présenté un plan de 20 milliards d'euros consacré à l'isolation et à la climatisation. Selon le RN, « on gagnerait de l'argent à climatiser, ce n'est pas un investissement à perte ».

10 juil. 2026
Bois qui brule

Il est frappant de constater que l'extrême droite découvre soudainement l'urgence climatique après avoir passé des années à minimiser, relativiser ou combattre les politiques destinées à y répondre. Les canicules ne sont pas un phénomène nouveau : elles sont la conséquence directe d'un dérèglement climatique documenté depuis des décennies par la communauté scientifique. Les sécheresses prolongées, les incendies, les pluies torrentielles, les inondations et les températures records ne sont plus des événements exceptionnels, mais les manifestations d'un climat qui change sous nos yeux.

Le plus paradoxal est que le RN prétend aujourd'hui apporter une réponse à une crise dont il a systématiquement rejeté les solutions. Au Parlement européen, il s'est opposé au Green Deal européen, qui vise précisément à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, accélérer la rénovation énergétique des bâtiments, développer les énergies propres et renforcer notre capacité d'adaptation face aux événements climatiques extrêmes. 

La climatisation peut être indispensable dans certains lieux sensibles – les hôpitaux, les EHPAD, les écoles ou encore certains logements particulièrement exposés. Mais en faire le cœur d'une stratégie climatique est une impasse. Généraliser la climatisation sans transformer nos bâtiments ni nos villes augmente la consommation d'électricité lors des pics de chaleur, accentue les îlots de chaleur urbains par les rejets de chaleur des appareils et traite les conséquences plutôt que les causes.

Chez Volt, nous défendons une approche cohérente qui protège durablement les citoyens. Cela passe d'abord par une rénovation énergétique massive des logements grâce à une enveloppe pluriannuelle et stable de MaPrimeRénov', afin de donner de la visibilité aux ménages et aux entreprises du bâtiment. 

Nous voulons également que les infrastructures essentielles – réseaux électriques, transports, hôpitaux, établissements scolaires, réseaux d'eau ou encore bâtiments publics – soient systématiquement testées et adaptées pour résister aux vagues de chaleur, aux inondations et aux autres événements climatiques extrêmes qui vont devenir plus fréquents.

Enfin, végétaliser les espaces urbains, planter des arbres, désimperméabiliser les sols, créer davantage d'espaces verts et restaurer des îlots de fraîcheur sont des solutions éprouvées qui permettent de faire baisser la température en ville, d'améliorer la qualité de vie et de renforcer notre résilience face aux canicules.

Le véritable débat n'est donc pas d'être "pour" ou "contre" la climatisation. Il est de savoir si nous voulons continuer à subir les conséquences du dérèglement climatique ou mettre en œuvre une politique qui protège durablement les Français. 

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